Paul Tapponnier au CNRS 8 juillet 2008
|
|
REMISE DE LA MEDAILLE D'OR DU CNRS À M.
PAUL TAPPONNIER |
|
|
Monsieur le professeur Paul Tapponnier est un ami de longue date puisque son premier
séjour au Liban remonte à 1998. Ces dix années ont été riches d'investigations
et de découvertes spectaculaires et bien que notre ami ait été déjà
distingué par le Président de la République en 2003 à l'issue de la
campagne océanographique Shalimar, puis par le Comité CEDRE en 2005 pour
les travaux à Yammouneh, sa présence fortuite
au Liban en cet anniversaire décennal ne pouvait pas manquer d'être
célébrée de manière exceptionnelle. C'est ainsi que le 8 juillet,
devant un parterre de journalistes de tous les médias, le président
du conseil d'administration, M. le recteur Georges Tohmé,
lui a remis la médaille d'or du CNRS. Le passage au Liban de M. Tapponnier est dû à l'heureuse initiative de la LBC pour
être l'invité d'honneur du programme “Anta
oul Hadath”, animé par Mme Chaza Omar et produit par M. Marwan
Matni. M. Sursock,
directeur du centre de géophysique au CNRS, était également présent
sur le plateau. Ce 8 juillet, la crise sismique
au Liban-Sud préoccupe tous les esprits comme
a pu en témoigner le record d'audience de l'émission de la LBC. M. Tapponnier a dû subir le feu des questions des journalistes
et il a exposé avec précision le contexte tectonique et le déroulement
de la crise. Naturellement, la question fondamentale
sur la persistance de la crise ou son évolution vers un séisme pouvant
causer des dommages dans une vaste aire, était sur toutes les lèvres.
M. Tapponnier a exposé avec toute l'autorité
d'un scientifique de grand renom, celle d'un chercheur qui s'est porté
sur les sites de tous les grands séismes dans le monde depuis plus de
30 ans, que la faille qui a produit la crise a pu être identifiée et
qu'il s'agit d'une structure mineure n'ayant pas le potentiel de produire
un large événement tellurique. Il s'agit, en effet, des petites failles
situées au voisinage de la localité de Qaaqaayet-el-jisr.
Du point de vue tectonique, il a qualifié leur mouvement de "bookshelf
faulting", c'est-à-dire à la manière
d'un ensemble serré de livres sur une étagère qui glissent les uns contre
les autres en basculant. Cependant en conclusion, il a insisté sur le
fait qu'il ne sert à rien de se voiler la face et que c'est là l'occasion
à saisir pour la communauté nationale de s'interroger sur sa capacité
à faire face à des événements plus importants. Bien après la fin de la cérémonie,
on pouvait encore le trouver donnant de bonne grâce ses explications
et délivrant ses recommandations à tous les journalistes qui avaient
fait cercle autour de lui. Nos remerciements les plus vifs vont à M.
Tapponnier pour l'affection manifeste qu'il a pour notre
pays et pour toute sa science qu'il met généreusement à la disposition
de nos chercheurs. |
![]() |
|
![]() |